Aux hommes de guerre

                         
                                   
                                             
         

Douce demoiselle, regardez autour de vous, la souffrance profonde de l'humanité. Observez derrière ce voile obscure qui est notre télévision.

Oui peu de gens s'aventurent, dans ces contrées du monde, ou le malheur ne règne qu'en maître, et s'émerveille pendant une minute éphémère devant les cameras du public amorphe.

 

        Le monde est cruel, derrière ce voile que notre instinct nous oppose. Ce voile de spectacle, qui parait si loin, mais pourtant si proche ; à notre frontière. Ce monde qui se déchire et agonie, qui nous est montré comme le mal incarné des infidèles de notre grande Déesse Société. Que le monde est cruel derrière ce voile !

 

        N'est il pas vrai ma belle, que l'indifférence est le mot d'ordre du jour ; un jour qui dure éternité. Regardez encore une fois, ces gens qui se déchirent. Non pas pour une idéologie, comme nous, avant, mais pour survivre, pour prolonger leur vie d'un jour.

 

        Non ma muse, ce voile n'est pas une pièce de théâtre, mais la souffrance réelle d'un génocide dut à notre indifférence, a notre plaisir du spectacle. Où nos grands prêtres casqués, sous leur étandart d'un bleu trop étoilé, maintien en vie quelques jours de plus leurs brebis égarées, dans l'espoir de trouver une autre scène, d'autres figurants, une nouvelle comédie financière.